
Il y a du nouveau dans les rayons cosmétiques de six hypermarchés de métropole. Des salariés volontaires de Sarbec vendent la gamme Corine de Farme fabriquée dans leur usine de Neuville-en-Ferrain. Quelle idée !
Martine dirige les négociations avec les centrales d'achats pour distribuer la gamme Corinne de Farme dans toute la France. Elle s'active au siège de Neuville-en-Ferrain depuis mai et n'a aucune espèce de compétence dans l'animation vente en magasins. Frédérique, pour sa part, est chef de groupe marketing, toujours à Neuville. Embauchée en février 2008, elle n'y connaît pas grand-chose non plus dans l'art et la manière d'attirer le chaland des caddies du samedi après-midi. Elles se sont toutefois portées volontaires pour soutenir leurs produits à l'occasion d'une campagne de communication télévisée. Il fallait le faire ! Doit-on imaginer un journaliste vendre lui-même son journal dans un point de vente ou des salariés de Bonduelle proposer leurs boîtes de petits pois directement dans les rayons ? Est-ce la place des salariés ? Que faut-il en penser ?
« Vous n'êtes pas là pour vendre, mais pour valoriser l'image de votre entreprise », s'entendent argumenter les deux jeunes femmes et leurs 33 collègues volontaires par Julien, 37 ans, jeune directeur commercial de Sarbec, la société mère qui fabrique Corinne de Farme.
En une seule journée de vente fut multiplié par cinq le chiffre moyen d'une semaine normale sans animations. Les salariés volontaires ne touchent aucune prime, ils sont simplement au contact des consommatrices au lieu d'être à leur poste, dans leur entreprise.
L'opération compte pour une journée de travail par salarié et se déroule dans six hypers, quatre Auchan et deux Carrefour. La démarche est singulière en engageant tous les services d'une société de 450 salariés, dont 220 à Neuville. À cette échelle, c'est peu courant d'après les responsables d'Auchan, qui en ont vu d'autres côté animations. Le PDG de Sarbec mettra lui aussi son tee-shirt vert dans un grand magasin et verra lui-même comment achète la ménagère. In situ, in vivo, au moment toujours délicat du passage en chariot.
PAR YANNICK BOUCHER
(La Voix du Nord du mardi 01.09.2009)